Le pouvoir de modulation des sanctions administratives doit profiter au sanctionné
Publié le :
18/06/2026
18
juin
juin
06
2026
Par une décision rendue le 2 mars 2026 (CE 2 mars 2026, n°499275), le Conseil d’État a reconnu l’application du principe de rétroactivité in mitius en matière de sanction administrative.Pour les faits, une entreprise d’espaces verts avait employé illégalement deux travailleurs marocains.
Après un contrôle, l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) avait mis à la charge de la société en cause le paiement d’une contribution spéciale ainsi que d’une contribution forfaitaire pour le réacheminement du travailleur étranger dans son pays d’origine.
La procédure avait été annulé pour vice de procédure devant le tribunal administratif de Toulouse.
L’OFII avait donc pris une nouvelle sanction. La Cour administrative d’appel de Toulouse avait rejeté l’appel formé par la société, arrêt contre lequel la société a formé un pourvoi.
Dans sa décision, le Conseil d’État s’est intéressé à l’article du Code du travail qui fondait la sanction prononcée par l’OFII.
Il a ainsi constaté que la loi du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration avait modifié la rédaction de cet article postérieurement aux faits et à la sanction de l’OFII.
En effet, l’article prévoit désormais « la prise en compte des capacités financière de l’employeur, le degré d’intentionnalité ou encore le degré de gravité de la négligence pour le prononcé de la sanction ».
Cette individualisation de la sanction était donc susceptible d’être plus favorable à l’employeur.
Dès lors, le Conseil d’État annule l’arrêt de la cour administrative d’appel pour ne pas avoir pris en compte la disposition postérieure « plus douce ».
Cet élargissement du principe de rétroactivité in mitius aux sanctions administratives constitue une évolution notable.
Il convient toutefois de rappeler que ce principe juridique est de longue date consacré en matière pénale.
Codifié à l’article 112-1 du Code pénal, il revêt également une valeur constitutionnelle reconnue depuis une décision du Conseil constitutionnel des 19 et 20 janvier 1981.
Cet article n'engage que son auteur.
Auteur
Capucine VARRON CHARRIER
Avocate Associée
CLAMENCE AVOCATS
TOULON (83)
Historique
-
Le pouvoir de modulation des sanctions administratives doit profiter au sanctionné
Publié le : 18/06/2026 18 juin juin 06 2026Collectivités / Contentieux / Tribunal administratif/ Procédure administrativePar une décision rendue le 2 mars 2026 (CE 2 mars 2026, n°499275), le Conseil d’État a reconnu l’application du principe de rétroactivité in mitius en mati...
-
Un rapporteur public peut-il conclure sur la même affaire en première instance et en appel ?
Publié le : 16/06/2026 16 juin juin 06 2026Collectivités / Contentieux / Tribunal administratif/ Procédure administrativePar une décision rendue en date du 11 mars 2026 (CE 11 mars 2026, n° 497920), le Conseil d’État est venu préciser le périmètre d’application du principe d’...
-
Plages privatisées « en douce » : le rappel à la Loi du Gouvernement
Publié le : 05/06/2026 05 juin juin 06 2026Collectivités / Environnement / Principes générauxLa sénatrice des Alpes-Maritimes Alexandra Borchio Fontimp (LR) avait interpellé la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche sur une pratique qui...
-
Un acheteur public peut-il favoriser, dans sa sélection des offres, l'entreprise qui paie le mieux ses salariés ?
Publié le : 01/06/2026 01 juin juin 06 2026Collectivités / Marchés publics / Procédure de passationLa CJUE répond par l'affirmative dans un arrêt du 5 mars 2026 (CJUE, 5 mars 2026, aff. C-210/24, Asociación de Empresas de Servicios para la Dependencia c/ A...
-
Bail commercial sur le domaine public : la nullité n'efface pas la réalité économique de l'occupation
Publié le : 27/05/2026 27 mai mai 05 2026Entreprises / Gestion de l'entreprise / Construction ImmobilierCollectivités / Services publics / Service public / Délégation de service publicPar un arrêt du 21 mai 2026, la troisième chambre civile de la Cour de cassation apporte une précision importante sur les conséquences financières de l'ann...
-
Résiliation pour motif d’intérêt général : modalités d’indemnisation de l’occupant titulaire d’une convention d’occupation du domaine public constitutive de droits réels
Publié le : 06/05/2026 06 mai mai 05 2026Collectivités / Services publics / Service public / Délégation de service publicA l’occasion d’un litige opposant Voies Navigables de France (ci-après : VNF) à la société Médiéval-AFDP, le Conseil d’Etat, dans un arrêt du 16 février 20...
-
Domanialité publique et mitoyenneté : l’impossible coexistence ?
Publié le : 05/05/2026 05 mai mai 05 2026Collectivités / Urbanisme / Ouvrages et travaux publics/ConstructionLa question de la coexistence entre domanialité publique et mitoyenneté suscite, en pratique, des interrogations récurrentes pour les collectivités territo...





