Algues vertes en Bretagne

Algues vertes en Bretagne : la Cour des comptes salue des « avancées réelles » mais réclame un effort renforcé

Publié le : 20/07/2026 20 juillet juil. 07 2026

Cinq ans après un premier rapport, la Cour des comptes a publié le 10 juillet un bilan de la lutte contre la prolifération des algues vertes sur le littoral breton. Elle reconnaît des progrès notables mais appelle à amplifier les actions pour obtenir des résultats durables.
Menée avec la chambre régionale des comptes de Bretagne, cette enquête de suivi évalue la mise en œuvre des recommandations formulées en 2021.

Le phénomène des marées vertes, dû aux concentrations excessives de nitrates essentiellement d'origine agricole, touche huit baies et treize vasières, de Saint-Brieuc au golfe du Morbihan. Il a, rappelle la Cour, « des conséquences importantes en termes de sécurité, de santé, de coûts et d'image », ainsi qu'un impact sur les écosystèmes.

Le constat est nuancé. Si la baisse des teneurs en nitrates dans les cours d'eau est « significative » depuis quinze ans, la Cour note « un ralentissement notable depuis dix ans » et une prolifération qui « demeure prégnante ». Les échouages ont reculé dans trois des huit baies concernées par le plan de lutte — Lieue de Grève, La Forêt-Fouesnant et Douarnenez — mais augmenté dans une majorité de secteurs vasiers. Les niveaux de concentration en nitrates restent « encore trop élevés pour endiguer durablement ce phénomène ».

La juridiction financière salue toutefois « des avancées réelles » depuis 2021 : renforcement du cadre réglementaire avec le septième programme d'action régional nitrates, création de huit zones sous contrainte environnementale, développement des dispositifs d'accompagnement des agriculteurs et hausse significative des moyens financiers, chiffrés en dizaines de millions d'euros.

La Cour émet ou réitère huit recommandations. Alors que plus de 80 % des surfaces d'échouage concernent désormais les secteurs vasiers, elle juge indispensable d'y concentrer l'effort, via une révision rapide des schémas d'aménagement et de gestion des eaux (Sage) et une meilleure coordination des acteurs locaux sous l'autorité des préfets. Elle plaide aussi pour des objectifs de qualité de l'eau plus clairs, un ciblage renforcé des contrôles des exploitations et une conditionnalité des aides publiques à des engagements concrets contre les fuites d'azote.

Le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, a salué « des progrès réels » tout en regrettant que 20 % des agriculteurs concernés — 460 sur 2 195 — ne soient pas encore engagés et que les vasières restent « un angle mort ». Il appelle à une étape « plus ambitieuse mais aussi plus décentralisée » : « Si nous voulons aller plus loin, il faudra donner aux territoires les responsabilités et les moyens d'agir. »


Cet article n'engage que son auteur.

Auteur

DROUINEAU Thomas
Avocat
1927 AVOCATS - Poitiers
Saint-Benoît (86)
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