Vous êtes ici :
Le Conseil d'Etat ordonne le retrait d’une croix surplombant une statue du pape Jean-Paul II

Le Conseil d'Etat ordonne le retrait d’une croix surplombant une statue du pape Jean-Paul II

Publié le : 27/10/2017
Dans une décision du 25 octobre 2017, le Conseil d’État juge contraire à la loi du 9 décembre 1905 l’installation d’une croix en surplomb d’une statue du pape Jean-Paul II érigée sur une place de la commune de Ploërmel, dans le Morbihan. 

Le conseil municipal de Ploërmel a accepté le don, fait par l’artiste russe Zurab Tsereteli, d’une statue représentant le pape Jean-Paul II.

La Fédération morbihannaise de la libre pensée et deux autres requérants ont demandé au maire de Ploërmel de retirer de tout emplacement public de la commune le monument  ainsi érigé sur une place publique de la commune et composé de la statue représentant le pape Jean-Paul II, surmontée d’une arche et d’une croix. Le silence gardé par le maire sur ces demandes a fait naître des décisions implicites de refus.

Les requérants ont demandé au tribunal administratif de Rennes, d’une part, d’annuler ces refus, d’autre part, d’enjoindre au maire de retirer le monument. Le tribunal y a fait droit. La cour administrative d’appel de Nantes a en revanche annulé ce jugement et rejeté la demande des requérants.

Dans sa décision du 25 octobre 2017, le Conseil d’État annule cet arrêt en tant seulement qu’il se prononce sur la demande de retrait de l’arche et de la croix surplombant la statue du pape Jean-Paul II. Il juge que cette croix, à la différence de l’arche, constitue un signe ou emblème religieux dont l’installation est contraire à l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État.

Le Conseil d'Etat rappelle la portée de l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905, aux termes duquel : « Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions. »

Il confirme ainsi l'injonction prononcée par le tribunal administratif dans son jugement du 30 avril 2015 en tant seulement qu'il ordonne de procéder au retrait de la croix.

Le Conseil d’État fait application de la grille d’analyse dégagée par ses décisions Fédération de la libre pensée de Vendée et Commune de Melun du 9 novembre 2016, rendues au sujet de l’installation de crèches de Noël dans des emplacements publics.
 

Pour aller plus loin :

Lire le communiqué complet du Conseil d'Etat sur sa décision du 25 octobre 2017, Fédération morbihannaise de la Libre Pensée et autres.


Virginie MEREGHETTI-FILLIEUX


Cet article n'engage que son auteur.



Crédit photo : © Leo Lintang - Fotolia.com
 

Historique

<< < ... 3 4 5 6 7 8 9 ... > >>