Fonds de commerce sur le domaine public : ce que permet (ou interdit) la loi Pinel
Publié le :
28/01/2026
28
janvier
janv.
01
2026
Depuis l’entrée en vigueur de la loi Pinel n°2014-626, la reconnaissance d’un fonds de commerce sur le domaine public est possible, mais soumise à des conditions strictes (article L. 2124-32-1 du CG3P).Avant 2014, toute tentative de constituer ou de céder un fonds de commerce sur le domaine public était illégale (CE, 24 novembre 2014, n°352402).
La loi a ainsi ouvert de nouvelles perspectives pour les commerçants et collectivités, tout en imposant un cadre juridique précis.
La condition essentielle : une clientèle propre
Pour qu’un fonds de commerce soit reconnu sur le domaine public, il doit être exploité avec une clientèle autonome, indépendante de l‘emplacement de l’activité, comme l’a précisé la jurisprudence (Cour de cassation, décision n°17-10.466).Autrement dit, les clients doivent fréquenter l’établissement pour ses qualités propres (service, accueil, réputation, spécificités de l’offre) et non pour la simple proximité avec un lieu public ou un cadre urbanistique.
Certaines pratiques peuvent servir d’indices de cette autonomie : par exemple, la fixation libre des prix ou la fidélité démontrée de la clientèle aux caractéristiques propres de l’établissement. A l’inverse, lorsque les tarifs sont imposés par la collectivité, la clientèle dépend davantage de la situation d’occupation, ce qui exclut la reconnaissance d’un fonds de commerce.
Conséquences pour la cession et la protection du fonds
L’existence d’un fonds de commerce sur le domaine public est un préalable à toute cession et à toute indemnisation en cas de perte. Sans cette reconnaissance, la cession est juridiquement nulle et le commerçant ne peut revendiquer de compensation.Ainsi, pour vendre un fonds de commerce situé sur le domaine public, il est indispensable de démontrer l’existence d’une clientèle propre, par des éléments probants tels que la fréquentation régulière, la notoriété de l’établissement ou la liberté de fixation des prix. Cette preuve est désormais le point central de toute opération commerciale sur le domaine public.
Conclusion
La loi Pinel a créé une possibilité inédite pour les commerçants, mais elle impose un cadre strict et des preuves tangibles pour éviter toute cession invalide. Les acteurs économiques doivent rester vigilants et s’assurer que les conditions de reconnaissance d’un fonds de commerce sont pleinement respectées avant d’engager toute transaction.Cet article n'engage que son auteur.
Auteur
DROUINEAU Thomas
Avocat
1927 AVOCATS - Poitiers
Saint-Benoît (86)
Historique
-
Fonds de commerce sur le domaine public : ce que permet (ou interdit) la loi Pinel
Publié le : 28/01/2026 28 janvier janv. 01 2026Entreprises / Gestion de l'entreprise / Construction ImmobilierCollectivités / Services publics / Service public / Délégation de service publicDepuis l’entrée en vigueur de la loi Pinel n°2014-626, la reconnaissance d’un fonds de commerce sur le domaine public est possible, mais soumise à des cond...
-
Le bailleur face au mur du temps : l’antériorité des loyers comme obstacle à la résiliation
Publié le : 23/01/2026 23 janvier janv. 01 2026Entreprises / Gestion de l'entreprise / Construction ImmobilierPar un arrêt du 19 novembre 2025 (Cour de cassation, chambre commerciale financière et économique, 19 novembre 2025, n° 23-19.521), la Cour de cassation ré...
-
Valeur probante d’un rapport d’expertise amiable, la cour de cassation précise son analyse
Publié le : 21/01/2026 21 janvier janv. 01 2026Particuliers / Patrimoine / ConstructionEntreprises / Gestion de l'entreprise / Construction ImmobilierPar l’arrêt rendu le 8 janvier 2026 (Cass, 3ème civ, 8 janvier 2026, n°23-22.803, Publié au bulletin), la Cour de cassation continue d’affiner sa jurisprud...
-
Quel est le régime de la prescription applicable aux actions du preneur fondées sur le manquement du bailleur à son obligation de délivrance conforme dans le cadre d’un bail commercial ?
Publié le : 14/01/2026 14 janvier janv. 01 2026Entreprises / Gestion de l'entreprise / Construction ImmobilierLa vétusté est un sujet qui cristallise les relations bailleur- preneur. Aux termes de l’article 1719 du code civil qui est d’ordre public, le bailleur doi...
-
Bon de visite d’un bien immobilier et mandat de recherche : une clarification jurisprudentielle indispensable pour la pratique immobilière
Publié le : 05/01/2026 05 janvier janv. 01 2026Particuliers / Patrimoine / Immobilier / LogementEntreprises / Gestion de l'entreprise / Construction ImmobilierLa décision rendue par la troisième chambre civile de la Cour de cassation le 27 novembre 2025 apporte une précision utile, mais délicate, sur l’articulati...
-
Agent immobilier : le « simple relais » d’informations est révolu
Publié le : 18/12/2025 18 décembre déc. 12 2025Particuliers / Patrimoine / Immobilier / LogementEntreprises / Gestion de l'entreprise / Construction ImmobilierUn arrêt rendu par la troisième chambre civile de la Cour de cassation le 13 novembre 2025 (n° 23-18.899) marque un infléchissement net et opérationnel des...
-
Bail commercial et validité de la clause résolutoire inférieure à un mois
Publié le : 15/12/2025 15 décembre déc. 12 2025Entreprises / Gestion de l'entreprise / Construction ImmobilierIl n’existe aucune obligation légale d’insérer une clause résolutoire dans un bail commercial. Les baux bien rédigés comportent bien évidemment cette claus...





